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Dans le grand dojo de la rue de Seine à Boulogne-Billancourt, Stéphane Brégeon, chrono en main, invective, encourage. Baye Diawara, lui, multiplie les petites courses, temporise, enchaîne les exercices de musculation, récupère. Puis inlassablement, recommence. À 29 ans, ce solide gaillard d’origine sénégalaise est dans les rangs de l’ACBB (Athlétic Club de Boulogne-Billancourt) depuis 2005. « J’ai débuté le judo à Asnières-sur-Seine après avoir découvert la discipline à l’école. J’ai aimé l’esprit de compétition et d’opposition de ce sport » se souvient celui qui tire pour le Sénégal depuis 2005. Très tôt les résultats sont arrivés : « J’ai tout de suite fait pas mal de compétition, les résultats ont suivi et j’ai pris goût à la victoire. L’appétit vient en mangeant. » La vie sportive de Baye Diawara se résume à deux choix : un club et une nationalité. « J’ai opté pour la nationalité sénégalaise car c’était un beau défi à relever. Là-bas, l’engouement est grand mais les moyens sont faibles. Et puis il faut être honnête, dans ma catégorie (- de 81 kg), c’était un peu bouché en France ! » International dès 2005, Diawara dispute sa première compétition en Afrique du sud où il devient vice-champion d’Afrique en battant au passage l’Algérien Benamadi, vice-champion du monde. « Je ne me suis pas rendu compte de l’ampleur de l’exploit pour mon pays. Je devais relativiser et garder à l’esprit que j’avais encore beaucoup de travail à accomplir et de choses à acquérir. Mais j’ai vraiment franchi un cap à ce moment-là. » Son deuxième choix majeur a été l’ACBB. « Je connaissais la qualité de formation de ce club. C’était pour moi un autre défi de rejoindre une structure d’un tel niveau. Je ne regrette pas, je suis aujourd’hui reconnu et Stéphane Brégeon est très proche, très impliqué. Quand je combats, je représente un pays mais je sais que mes victoires, je les dois à mon club. à Le protégé de Brégeon fonctionne à l’affect. Après des championnats du monde mitigés (deux victoires, deux défaites), Baye a connu un dangereux flottement. « Il a besoin d’être entouré, de se sentir soutenu. Mais s’il est dans de bonnes dispositions psychologiques et prêt physiquement, il peut battre n’importe qui. Attention quand même, dans un mauvais jour, il peut aussi perdre contre n’importe qui. » Baye en a conscience : « 2008 est sans doute l’année la plus importante de ma carrière. Je veux aller aux Jeux avec l’ambition de faire quelque chose là-bas.» Il devra décrocher sa sélection dans une catégorie très relevée sur le continent africain. « Ce n’est pas compliqué : nous sommes six prétendants, il y a trois places. Il va falloir jouer serré, rien n’est acquis. » Pour cela, il disputera notamment trois tournois européens majeurs, le tournoi de Paris et le championnat d’Afrique en mai. Stéphane Brégeon en est persuadé : « S’il parvient à se qualifier pour les Jeux, il peut réaliser un gros coup. »